Vous avez été opéré(e) d’une arthrodèse lombaire et souffrez aujourd’hui d’arthrose de hanche ? La prothèse totale de hanche (PTH) reste une excellente solution, à condition de l’adapter à votre colonne. Ce cas de figure, appelé « syndrome hanche-rachis », est de plus en plus fréquent avec l’allongement de l’espérance de vie. À l’Institut du Rachis Parisien, il est pris en charge par des chirurgiens qui opèrent à la fois le rachis et la hanche.
Pourquoi l’arthrodèse change la donne ?
La colonne lombaire et le bassin fonctionnent ensemble. Quand on passe de debout à assis, le bassin bascule naturellement vers l’arrière : la cavité de la hanche (le cotyle) « s’ouvre » et laisse la place au fémur.
Après une arthrodèse, les vertèbres fusionnées ne bougent plus. Le bassin devient plus raide et compense moins. Avec une prothèse, le col du fémur peut alors venir buter contre le bord de la cupule en position assise ou penchée, ce qui expose au risque de luxation. Ce risque est d’autant plus marqué que la fusion est longue et descend jusqu’au bassin.
Les bénéfices : les mêmes qu’une PTH classique
- Disparition de la douleur de hanche, souvent confondue avec une douleur lombaire ou une
- Retour de la mobilité : marcher plus loin, monter les escaliers, enfiler ses
- Meilleur équilibre global : une hanche raide et douloureuse surcharge la colonne et les étages vertébraux restés
- Longévité : une prothèse bien posée dure en général plus de 20
Les risques : la luxation en premier lieu
Les études montrent que les patients déjà fusionnés se luxent plus souvent avec une majoration de taux de survenue de luxation de Prothèse estimé à 3 % après arthrodèse, contre 0,4 % chez des patients comparables sans arthrodèse.
Ces chiffres restent faibles en valeur absolue, mais justifient une planification spécifique. Les autres risques (infection, phlébite, inégalité de longueur) sont ceux de toute prothèse de hanche.
Nos précautions à l’Institut : une double expertise rachis et hanche
Certains praticiens de l’institut sont à la fois chirurgiens du rachis et de la hanche. Votre dossier est donc analysé dans sa globalité, colonne et hanche ensemble.
- Confirmer l’origine de la douleur : examen clinique et, si besoin, infiltration test de la hanche pour la distinguer d’une douleur
- Analyser l’équilibre colonne-bassin : radiographies du corps entier debout et assis (type EOS) pour mesurer la mobilité réelle du
- Planifier l’orientation des implants : la cupule est positionnée selon votre bassin, et non selon des valeurs
- En cas de rétroversion du bassin, il faudra éviter l’excès d’antéversion du cotyle afin d’éviter un conflit postérieur favorisant les luxations antérieures.
- En cas d’antéversion, il faudra augmenter l’antéversion du cotyle afin d’éviter un conflit antérieur favorisant les luxations postérieures.
- Choisir des implants plus stables : après une arthrodèse lombaire, nous utilisons une cupule double mobilité, qui réduit le risque de luxation mais sans l’éliminer ?
- Décider de l’ordre des chirurgies : lorsque hanche et rachis doivent être opérés, la séquence est discutée au cas par cas ; la littérature plaide souvent pour traiter la hanche d’abord.
Une récupération rapide, même après arthrodèse
Un dos déjà opéré n’empêche pas de bénéficier d’un protocole de récupération améliorée après chirurgie
- Préparation en amont : information, kinésithérapie et organisation du retour à domicile avant l’intervention.
- Anesthésie et analgésie adaptées, avec au besoin une infiltration locale pour limiter les morphiniques en post opératoire.
- Lever et marche le jour même, appui complet autorisé d’emblée.
- Sortie rapide : hospitalisation de 1 à 2
- Conseils de positions personnalisés les premières semaines (assise, laçage, voiture), car la raideur lombaire limite les
- Suivi rapproché : consultation de contrôle avec radiographie vers 4 à 6
En résumé
Une arthrodèse lombaire ne contre-indique pas la prothèse de hanche : elle demande une analyse globale et une prise en charge adapté au cas par cas.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale personnalisée.
Voici un exemple de radiographies après PTH chez un patient ayant bénéficié d’une arthrodèse lombaire :






